11.11.2009

Instant trop rare

Il y a des jours, comme ça, où on a l'impression de se voir en train de vivre...

C'était cet après-midi, par une belle journée de novembre, en Normandie, avec un soleil pâle, une brume légère, un petit vent du nord qui vous donnait l'impression d'être congelé...

Après une petite balade, certes un peu consumériste, dans le centre-ville de Caen, nous sommes rentrés, tranquillement, dans notre maison normande, à Clarbec City, Klarbekistan - Calvados. En arrivant près de chez nous, le petit âne était toujours dans son pré, deux jeunes veaux du début de la semaine jouaient à la corrida dans le champ d'en face, Marguerite, vache laitière normande et éternelle, vaquait dans son pré.

Arrivé à la maison, nous avons sorti les cartons de décorations de Noël, c'est pour dans pas longtemps, et on voulait savoir s'il y avait quelques petits achats complémentaires à faire. Et puis, comme je le fais régulièrement depuis que le sida m'a touché du doigt, je suis allé faire un petit somme.

Et là, j'ai ressenti une paix intérieure presque ineffable.

Pourtant, je fais toujours des crises de panique, j'ai toujours de gros soucis financiers à cause de cette maison ardéchoise que je n'arrive pas à vendre.

Mais, sans savoir pourquoi, subitement, je me suis senti bien.

Un compagnon, mes chiens, mes chats, mon travail, la maison et sa cheminée, l'automne qui bat son plein, Noël qui pointe le bout de son nez, des musiques traditionnelles de fin d'année qui berçait mon repos vespéral...

Un moment, j'ai touché du doigt le sentiment d'être heureux.

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19:52 Ecrit par saint_just dans Choses de la Vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : heureux |  Facebook

l'hôpital au bord de la crise de nerfs

 



hopital.jpgIl y a des moments où on est tellement abasourdi qu'on ne sait plus par quoi commencer. Cette loi « hôpital - patients - santé - territoires » aurait pu être une occasion de proposer des pistes intéressantes pour l'accès de tous aux soins, et, de préférence, à des soins de qualité.

Déjà, pour commencer, du jour où le gouvernement a fait machine arrière quand il s'est agi d'inciter fortement, voire d'imposer, aux internes sortant de la fac de médecine, dont les études ont été payées par la collectivité nationale, somme toute, à aller s'installer pendant un temps minimum, en zone rurale, de ce jour là, il était patent que cette réforme de l'accès aux soins allait être rudement mise à mal.

Parce que la base, ne l'oublions pas, c'était une loi qui avait pour objet de permettre l'accès de tous à des soins, et à des soins de qualité. De fil en aiguille, les aspects un minimum contraignant pour le monde libéral et l'hospitalisation privée ont disparu. Par contre, « ils » ne se sont pas privés de tirer à vue sur tout le secteur de la santé publique.

On nous dit que pour les soins de qualité, il faut qu'il y ait beaucoup d'activité, notamment dans les blocs et les maternités. Ça, on peut l’entendre. Un chirurgien qui fait une appendicectomie par mois, ou un obstétricien qui fait 5 accouchements par mois... c'est sûr, il y a du souci à se faire sur le fait qu'ils soient au sommet de son art....hopital2.jpg

Du coup, il ne reste plus qu'à prendre un véhicule sanitaire qui nous emmène à 50 ou 100 km de notre domicile.

Eh bien, figurez-vous, que dans le même temps, nous autres, hôpitaux publics, recevons un courrier de la caisse d'assurance-maladie nous disant qu'ils vont venir regarder, entre autres, de près les dépenses de transports sanitaires... dont elle s'étonne que ces derniers aient notablement augmenté au cours des années passées... Mais enfin, Ducon... Si tu fermes des services et que tu fermes des hôpitaux, il faut bien le patient qui a besoin de se faire soigner et qui ne peut pas y aller de ses propres moyens fasse appel... aux ambulances... CQFD !

Mais, on n'en est pas à une contradiction près.

En effet, ces derniers temps, « ils » n'ont eu de cesse que de nous faire croire que l'hôpital était une entreprise comme les autres, à la limite, un grand garage pour véhicules humains... Partant de ce constat, un mécano en chef du garage d'à côté peut tout à fait devenir, demain matin, directeur d'un centre hospitalier, surtout s'il répare la voiture du directeur de l'agence régionale de santé du coin... En effet, ce sont les directeurs d'ARS qui vont nommer les directeurs contractuels. Ces mêmes directeurs contractuels, qui seront, bien entendu, recrutés pour une mission déterminée dans le temps, auront un seul objectif : l'équilibre financier de l'établissement. Si l'équilibre n'est pas atteint, c'est la porte. Ça, à la limite, on s'en fout. Mais dans toute cette histoire, c'est le patient, le malade, vous et moi en quelque sorte, qui en pâtiront les premiers puisque notre mécano en chef aura fait des coupes sombres dans le budget et qu'il aura ratatiné l'hôpital au niveau du petit garage de quartier. Bon, je vous l'accorde, c'est pas tout à fait ça, mais on n'en est pas loin. Et, Dieu merci, dans notre bonne vieille France, tout le monde n'est pas corrompu ou susceptible de l'être.

Toujours est-il que les directeurs d'hôpitaux publics en ont assez d'être sans arrêt montrés du doigt. Des brebis galeuses, des « jean-foutre » et des incompétents, il y en a vraiment partout, y compris dans le corps des directeurs d'hôpitaux. Pour autant, ils sont plus nombreux à être compétents, au service de leur établissement, avec une furieuse envie de faire avancer les choses. Nous aurions pu être très contents de voir que le gouvernement souhaitait qu'il y ait « un patron à l'hôpital ». C'est tellement vrai que les directeurs d'hôpitaux sont coincés entre le corps médical, les syndicats et les élus, que certaines fois, il y a de quoi perdre la tête et certains y ont laissé leur vie, notamment dans les hôpitaux locaux. Et je sais de quoi je parle. Renforcer enfin le rôle du directeur d'hôpital, c'était séduisant.

Sauf que lui couper tous les liens décisionnels avec les principaux intéressés, à savoir les médecins, ce n'était pas franchement idéal.

Sauf, aussi, qu’avoir eu cette idée lumineuse juste pour pouvoir tenter de rendre attrayant, aux futurs contractuels, les postes de directeur d'hôpital - chef d'établissement, c'était aussi énorme que l'histoire de la sardine qui a bouché le Vieux-Port à Marseille.

Quoi qu'il en soit, le 12 novembre 2009, après qu'ils aient été 2300 à signer la pétition pour le respect des directeurs d'hôpitaux, ils se retrouveront nombreux,, espérons-le, à Paris, pour manifester leur profond désaccord par rapport à ce qu'on leur prépare.


Affaire à suivre.

À lire aussi :

http://www.paperblog.fr/1702204/sauver-l-hopital-public-a...

 

http://www.respectdesdirecteurs.org/

31.10.2009

choc de civilisation ...?

Sans commentaires. Prendre le temps d'écouter, c'est tout...

15:34 Ecrit par saint_just dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook

28.06.2009

La folle journée ...

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L’hétéroxie française, à dominante conservatrice et réactionnaire peut dormir tranquille : les folles sont descendues dans la rue, elles étaient bien visibles, ce samedi, à Paris.

 

Mais de quoi parle-t-on précisément ?

De ces connards du service d'information de France 2 (et, j'en suis tellement navré, de Laurent Delahousse qui s'est rendu complice) qui ont jugé opportun de montrer à voir les caricatures habituelles des homosexuels de France en train de défiler dans la rue. Cela fait des années que je milite pour la visibilité des gays. Je l’ai fait sur le mode associatif il y a quelques années. Je le fais maintenant au quotidien. Et je n'arrive pas à me résoudre à ce que l'on ait comme porte-drapeau une minorité de jeunes éphèbes gesticulants, colorés, exhibitionnistes en diable, en permanence en représentation, hilares, déjantés...

Et j'insiste bien sur la notion de porte-drapeau. (Pour le reste, chacun s'exprime comme il le veut)

Je me demande comment le pédé lambda du fin fond de la campagne française peut se retrouver là-dedans. Je comprends bien l’extraordinaire confort qu'il y a à la majorité dominante et hétérosexiste de pouvoir montrer du doigt toute cette partie minoritaire de notre « communauté ». Avec "ça", ils sont tranquilles, rassurés ... On est bien cantonés dans un rôle, dans une image, dans une posture. Dieu que c'est rassurant... "Ils se reproduisent pas mais ils se multiplient" ... Ca vous rappelle rien ...?

On est en plein dedans. Ostracisme, quand tu nous tieent ! ... Mais de là à ce que nous même accceptions ce type de traitement, là, je suis perplexe...

À quand une Gay Pride qui soit enfin illustrée par un cortège de mecs et de nanas en costume-cravate, d'agriculteurs avec leurs tracteurs, d'employés de bureau avec leur porte-documents, de magasiniers de supermarchés ou de cadres plus ou moins dynamiques, à des années-lumière du clubbing permanent d'une minorité.

 

Le pire, c'est qu'ils étaient là, tous ces anonymes.

Peut-être pas aussi nombreux que souhaité mais ils étaient là. Qu'est-ce qu'on a vu à la télévision et aussi, dans une moindre mesure, dans Tetu : toujours la même chose, toujours les mêmes icônes, toujours les mêmes excitations spectaculaires.

Désolé, mais ma manière d'être et celle de beaucoup de ceux que je suppose être comme moi est nettement plus subversive que tous ces défilés carnavalesques. Dans la dernière saison de Clara Sheller, j'avais particulièrement adoré le personnage de Gilles, certes hétéro de façade mais finalement plus gai que bon nombre d'entre nous !

 

La marche est encore bien longue.

11.06.2009

Aimer, tout simplement ...